Un été exceptionnel? [L'Echo]
Quel été ! Que de records ! Après l'été 2003, le plus chaud jamais observé en Europe au cours de ces cinq derniers siècles, le mois de juillet
Et alors ? Hasard ? Peut-être, mais vraisemblablement pas. Le rapport entre ces trois records est qu'il est hautement probable, selon un scénario « business as usual » (à savoir si nos pratiques de consommation restent similaires à l'échelle planétaire), que cela soit le type de climat estival « ordinaire » que subiront nos enfants dans une trentaine d'années. A savoir des étés caractérisés par des extrêmes météorologiques de plus en plus prononcés, avec des périodes chaudes de sécheresse suivies de précipitations intenses et dévastatrices tant pour l'environnement que pour l'économie.
Et le pire est que la cause est bien connue : le réchauffement climatique dû aux gaz à effet de serre qui s'accumulent encore et encore dans l'atmosphère.
Bien sûr, il existe le protocole de Kyoto qui a pour but de diminuer légèrement la production de ces gaz dans l'atmosphère. Bien sûr, cet effort doit être salué car c'est bien la première fois qu'une telle mesure politique est appliquée à si large échelle et que son objectif sera certainement rencontré. Mais il ne faut pas perdre de vue que ce protocole n'implique réellement qu'un groupuscule d'êtres humains dans l'effort de réduction des émissions et que la grande majorité de nos semblables continue dans la spirale infernale de la surconsommation de combustibles fossiles.
Un exemple ? Après le sommet de 76 dollars de la mi-juillet, le baril de pétrole a approché les 80 dollars début août. Bien sûr, et pour le plus grand bonheur des bourses du monde entier, les prix du pétrole ont récemment reculé, mais ils sont néanmoins plus de trois fois plus élevés qu'en 2002. Et ce n'est pas cela qui freine la consommation mondiale. Ainsi, les constructeurs d'automobiles viennent d'annoncer des bénéfices nets record avec une hausse des ventes de véhicules dans le monde dépassant parfois les 7 pc par rapport à l'année dernière. Des records de bénéfices sont également atteints par les principales compagnies pétrolières.
Oui, le climat se réchauffe. Ce fait est maintenant inéluctable et mondial. Et puisque c'est comme cela, les plus chanceux d'entre nous s'adaptent déjà en généralisant la climatisation dans leurs véhicules, bureaux, magasins et habitations. Cela produit à nouveau beaucoup de gaz à effet de serre qui provoqueront sécheresses, ouragans, augmentation du niveau de la mer ou encore extension des déserts chez les plus vulnérables de notre village planétaire.
Il n'y a pourtant qu'une seule solution : la « climatisation planétaire ». Mais cela doit passer par la citoyenneté responsable, par la solidarité, par la réduction des inégalités entre pays riches et pays pauvres, par une politique d'aide au développement plus solide et efficace, par l'encouragement d'une politique de développement durable dans les pays à économie galopante tels que l'Inde, le Brésil ou
Collectif « Place du Marché » (Jean-Pierre BALTHASAR, Fabrice COLLIGNON, Pierre COLLIN, Pierre DE WIT, Pierre OZER, Dominique PERRIN, Martin WILLEMS). L'Echo (Belgique), 19 septembre 2006.
P.S.:
Depuis la parution de l'article, et pour être complet à propos de l'été 2006, sachez que cet été (dans son ensemble) est le quatrième plus chaud depuis 1833. Notez que quatre des cinq étés les plus chauds observés en Belgique se sont déroulés ces 30 dernières années et que le record absolu de chaleur date de 2003.
Et depuis, nous restons toujours dans "l'anormalement chaud".
Pour avoir la version pdf de cet article, envoyez-moi un mail: pozer@ulg.ac.be
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Commentaires
Rodolphe le 19/09/2006 à 11:59:14En conclusion, je retiens de votre article que rien ne peut être fait pour freiner cette situation. En effet, la "climatisation planétaire" est très utopique car l'inégalité est une loi naturelle: il faut des pays pauvres et des pays riches. De manière plus claire ce que je veux vous faire partager est que les pays riches développent des instruments (Banque Mondiale, FMI, ONU, ...) pour demeurer toujours fort afin de mieux piller les richesses dans les pays pauvres. C'est donc dire que si le developpement des pays pauvres (bien que dépendant de ses populations) n'est pas impulsé par les populations des pays riches ne sera qu'un rêve qui n'est pas pour demain. Ce sont les populations des pays riches qui doivent obliger leurs dirigeants à laisser les autres pays se développer. Sinon on aura que des guerres et des guerres débouchant sur des catastrophes humanitaires (famine, génocide, guerre civile, Etc.)
Que Dieu sauve les pays Pauvres!
le 20/09/2006 à 17:55:05
Petite cause grands effets
les prix des produits agricoles primaires sont en train de grimper à cause de leur valeur de substitution pour la production d'énergie, les réserves mondiales ont fondue comme neige au soleil passant de plus de trois mois à une cinquantaine de jours en un an. Les premier pays exposés sont ceux qui bénéficient du Programme Alimentaire Mondial qui écoulent les surplus agricoles du premier monde (Courier international du 14/9). Belle incertitude qui nous attend si nous ne modifions pas nos modèles de consommation de l'énergie et de production animales grande consommatrice de céréale
stina le 24/09/2006 à 21:05:29
moi je pense que l'on doit aller au delà des constats, au delà des conférences et des sommets et poser des actes concrets. des fonds énormes sont investis dans les différents colloques qui bein souvent, trop souvent même se limitent au stade de recommandations. que faaisons-nous pour que cet état de choses change? chacun doit se poser cette question, qu'est-ce que je fais pour que ça change? il est temps que chacun de nous à son échelle, prenne conscience véritablement. prenne véritablement conscience pour apporter son coup de pouce à l'édifice. en effet, très peu des recommandations issues des différents colloques et sommets sont mises en oeuvre. commencons déjà par aimer et à ménager la terre qui nous permet de vivre, respectons là et elle nous servira. il est temps de passer à des actes concrets, et de penser un peu plus aux générations futures car comme dit quelqu'un, la terre ne nous appartient pas, ce sont nos enfants qui nous la loue.