PIERRE OZERBob Geldof et les Picaros13 juillet 1985, nous étions adolescents et nous attendions le concert du siècle. Entre deux avalanches d'images de petits africains en pleine agonie, nos mémoires sont marquées à jamais par Sting, seul sur scène accompagné par tout le stade de Wembley, chantant le légendaire « Message in a Bottle ». Bob Geldof avait réussi son acte de charité : mobiliser les occidentaux pour la cause humanitaire. Vive le Live Aid ! A l'époque, on estimait à un demi milliard les personnes qui avaient souffert de la sécheresse et de la famine au cours des dix années précédentes. Ce chiffre se monte actuellement à 800 millions pour la décennie passée. Rien n'a donc fondamentalement changé… Nouvelle donne. En 2000, lors du Sommet du Millénaire à New York, les 191 Etats membres de l'ONU se sont engagés à réaliser d'ici 2015 des avancées significatives afin d'éradiquer l'extrême pauvreté en adoptant huit objectifs de développement, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Le rapport intermédiaire 2005 sur la réalisation des OMD montre néanmoins que la plupart de ces objectifs ne seront pas atteints sauf si les dirigeants de ce monde se décident à faire le pas et à abolir ces injustices Nord-Sud. Une étude publiée cette semaine dans la revue médicale Lancet montre que pour sauver la vie de six millions d'enfants de moins de 5 ans répartis sur 42 pays de la planète et représentant près de 90% de la mortalité infantile, il faudrait 5,1 milliards de dollars US par an. Cinq milliards de dollars US par an… C'est donc ce qu'il faudrait débloquer pour remplir l'Objectif 4 des OMD : réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Mais cette somme, que représente-t-elle ? Pas plus de 90 secondes de la somme échangée chaque jour entre les grands centres financiers mondiaux ; l'équivalent de la consommation quotidienne globale de pétrole ; cinq jours de chiffre d'affaires du trafic de drogue dans le monde ; les fonds nécessaires pour trois semaines de guerre en Irak ; ou encore 1,7% de la dette de notre Etat fédéral. Ce mercredi, le G8 se réunira à Gleneagles. Il fera certainement une déclaration d'intention sur ce sujet mais aussi sur la liquidation de la dette des pays pauvres très endettés, sur des fonds promis pour pouvoir espérer lutter efficacement contre la pandémie du sida, et sur tant d'autres malheurs et injustices. Et ce samedi 2 juillet, comme il y a vingt ans, rempli d'émotion, nous avons regardé Sting, devant une foule en délire, entamer son « Message in a Bottle » débordant d'espérance. Bob Geldof a à nouveau réussi son acte politique : mobiliser les occidentaux contre la pauvreté. Vive le Live 8 ! Et dans vingt ans, pour le Live 2025, ils seront toujours annuellement 100 millions à souffrir de la sécheresse et de la famine et les enfants seront 10 millions à mourir de maladies stupides et évitables. Sauf si, après avoir échoué à réduire la faim puis la pauvreté et par crainte d'une immigration massive vers les pays plus favorisés, les Nations unies mettent sur pied un nouveau programme ambitieux qui pourrait être nommé « Décennie pour une cohabitation globale durable ». Et Bob Geldof invitera alors tout son carnet d'adresse à Londres pour son très attendu concert planétaire. Nous regarderons en compagnie de nos enfants adolescents Sting scander une dernière fois « I send a SOS to the world » et nous crierons tous en cœur : Vive le Live 2025 ! Collectif « Place du Marché » (Jean-Pierre BALTHASAR, Fabrice COLLIGNON, Pierre DE WIT, Pierre OZER, Dominique PERRIN & Martin WILLEMS), soumis à
!!! Désolé pour les pubs qui s'affichent à la droite de l'écran... !!! Article ajouté le 2006-06-20 , consulté 491 fois Commentairessol le 07/06/2007 à 00:35:04je me demande si le catastrophisme est justifié..il y en a tant chez nous pourtant..régler les problèmes chez soi d'abord est ce une hérésie incompréhensible..mais il est vrai qu'ailleurs dit-on ou croit-on c'est toujours pire..peut être! encore faut il le vérifier, le justifier autrement que par les médias qui n'ont aucun mal à se procurer des images en différé et faire pleurer dans les chaumières sur les autres..faut il pour autant se sentir consolé soi-même des vissicitudes qui nous concernent plus directement ? La question reste posée,il est vrai que par exemple pour les ventes d'armes et tout ce qu'il y a autour est un marché non exempt de risques pour les marchands...ce qui ne veut pas dire qu'il faille laisser certains pays en détresse si tel est bien le cas, retourner leur vindicte ailleurs sans être en mesure de maitriser les situations.. LiensVoir les articles de la catégorie " ARTICLES NON PUBLIES "Retour aux articles |